desir de grossesse ou imprévu ?

Désir de grossesse ou imprévu ?

Que sa grossesse soit désirée ou non, votre fille, devant l’immensité de ce qu’elle s’apprête à vivre, doit être anxieuse.

Si elle a voulu attendre un bébé, peut-être est-ce l’occasion de mieux échanger avec elle pour comprendre le fond de son coeur, pour mieux la connaître et la comprendre. Pourquoi un enfant si jeune ? A-t-elle un manque affectif à combler ? Est-elle réellement plus mûre que la plupart des filles de son âge et prête pour une vie de femme ?

Maintenant que « les choses sont faites », cette grossesse peut être l’occasion de trouver ou retrouver avec votre fille une relation basée sur la confiance et la bienveillance, qui apportera plus de sérénité autant à elle qu’à vous.

Le désir de grossesse à l’adolescence

Il existe autant d’histoires que de grossesses adolescentes. On peut néanmoins essayer de comprendre ce que vit votre fille selon que sa grossesse ait été, consciemment du moins, désirée ou non.

Lorsque la grossesse a été désirée, deux typologies de jeunes femmes se détachent :

  • les jeunes femmes issues de communautés culturelles où les grossesse arrivent tôt. Devenir mère est une sorte de passage classique à l’âge adulte. Leur mère les a généralement elle-même eue jeune. Dans ce cas, l’entourage est généralement en accord avec celle nouvelle maternité, et sa communauté saura l’entourer pour faire de ce passage au statut de mère une étape belle et bien vécue
  • les jeunes femmes en carence affective. Pour des raisons réelles ou imaginaires, ces jeunes filles ne se sentent pas aimées à la hauteur de leurs aspirations, et elles peinent à trouver le sens de leur vie. Donner la vie leur est alors apparu comme une planche de salut dans une situation qui leur semble sans issue. Ces jeunes filles ont, plus que toutes, besoin de l’accompagnement bienveillant des adultes. En effet, cette grossesse pourra effectivement être pour les futures mamans un véritable révélateur de bonheur, pour peu qu’elles soient bien entourées affectivement. La famille, des adultes référents, les amis, le personnel soignant devront aider la jeune fille à prendre confiance en elle et en sa capacité d’être mère. Il sera fondamental de l’entourer et de lui donner un sentiment de sécurité. Dans le cas contraire, la grossesse risque d’accentuer l’isolement puis le désespoir de la future maman, puis de son bébé.

"La famille, présente pour épauler la mère, assurer en partie la garde de l’enfant pour permettre le retour à l’école ou la reprise d’un emploi, le soutien des services de l’État et des collectivités peuvent constituer une aide précieuse."

Yaëlle Amsellem Mainguy, chargée d’études et de recherche à l’INJEP

Se retrouver enceinte à l’adolescence

Si la grossesse n’était pas prévue, imaginez le désarroi de votre fille !
Chaque année, en France, 1/3 des grossesses est une surprise. Mais pour une adolescente plus habituée à se faire prendre en charge qu’une femme mûre, la vue d’un test de grossesse positif correspond certainement à un saut dans le vide, une confrontation vertigineuse avec la réalité.

Votre fille est très certainement effrayée, tant par ce qui l’attend que par votre réaction. Il est important de vous montrer compréhensif face à la situation, qui la dérange sûrement autant que vous.
Assurez-vous également que la relation sexuelle était consentie et qu’elle n’a subit aucune violence. Si c’était malheureusement le cas, redoublez de compréhension et d’amour envers votre enfant.

Il est important de ne pas confondre ce qui a entraîné la grossesse (une relation amoureuse, une relation forcée…) et la grossesse elle-même.

Maintenant que votre fille est enceinte, la question n’est plus de savoir si vous appréciez son petit ami, si vous regrettez qu’elle ait eu des relations sexuelles si jeune, ou si elle agit bien ou mal….Il s’agit maintenant de prendre acte de la situation, et de se préparer pour la gérer au mieux, pour votre fille et pour la vie qu’elle porte en elle.
Si cette vie est le fruit d’une relation forcée, là encore, le bébé n’en est pas responsable ! Pour que votre fille ne se sente pas « doublement victime », il vous faudra l’aider à faire la part des choses entre l’acte inacceptable et l’homme qui l’a posé, et l’enfant qu’elle porte et qui est le sien, sans responsabilité envers les actes de son géniteur.

Le déni de grossesse

Si votre fille vous annonce très tardivement sa grossesse en vous expliquant qu’elle vient de la découvrir, ne pensez pas d’emblée qu’elle vous ment : c’est tout à fait possible !
Le déni de grossesse est une réalité chez certaines femmes, dans certaines situations qui ne sont pas favorables, et particulièrement chez les adolescentes.

Le déni de grossesse se traduit par la non reconnaissance par la femme enceinte de son état de grossesse à partir du second trimestre.

"Ce déni n’a rien à voir avec une dissimulation. Parfois, la femme enceinte n’a aucune perception de son état, que le corps dissimule, pouvant aller par exemple jusqu’à mimer la persistance des règles, parfois la perception de la grossesse est fugace, incomplète…", explique le Dr Pierre Désaunay, pédopsychiatre

Si la grossesse est découverte tardivement, votre fille comme vous aurez moins de temps pour vous préparer à tous les changements que ce bébé va apporter dans vos vies.

Raison de plus pour rebondir rapidement en mettant en place tous les accompagnements qui permettront d’accueillir bébé le mieux possible.

Pensez-y : la grossesse doit être déclarée à la CAF et à la CPAM au plus tôt pour commencer à bénéficier de certaines aides.

Antenne d’écoute et de soutien aux parents d’adolescentes enceintes

07 62 03 72 20


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